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  • Par delà les brumes

Aux origines


Mon cœur a toujours vibré pour les brumes du passé. Les jupes longues, les flammes des torches, les paysages de lande désolée, des images floues d’époques suspendues entre légende et réalité. De vagues représentations de femmes se rassemblant en communauté, reliées à quelque chose qui les dépasse. Une tradition perdue, une connaissance dont nous avons désespérément besoin, l’impression qu’il y a autre chose que cette mondanité quotidienne qui ne sait pas dire vraiment où elle va. Je sais que je ne suis pas seule, d’autres comme moi ressentent ce besoin au creux du ventre de se reconnecter à un idéal que l’on pense oublié.

Pour moi cela avait été la lecture des « Brumes d’Avalon » et la reconstitution d’un passé fantasmé aux évocations puissantes : des femmes qui savaient, des lieux magiques, un lien avec la nature et la présence du sacré, l’intronisation dans une spiritualité vouée à l’oubli, la magie et la sublimation du quotidien. Toutes ces images m’avaient fortement impressionnée.

Alors que l’été changeait de saveur et de lumière pour se transformer soudainement en automne, j’ai entendu l’appel des corbeaux. J’ai toujours eu besoin de matérialiser ce changement de saison, mais cette année l’appel était plus fort. J’ai besoin de donner plus d’importance à la texture de la vie qui passe, besoin de partager les sensations qui me viennent lorsque je sens l’air vif des matins de septembre, et que mon amour pour les sorcières resurgit à l’évocation du mois d’octobre.

Je rencontre une proposition : une année avec un groupe de femmes, une année plongée entre mythe et histoire, entre fantasme et quotidien, une année à suivre Morgane la Fée et à retrouver ce que peut vouloir dire devenir prêtresse d’Avalon aujourd’hui…

Je les connais ces femmes qui disent servir la déesse, je les ai déjà rencontrées. Je n’ai pas pu par le passé y adhérer tout à fait. Trop décalé, trop reconstitué, pas assez réel, authentique, trop limité.. au fond à notre époque peut –on encore parler d’une puissance divine que l’on dessine et que l’on dépeint toujours comme un humain qu’il soit homme ou femme. L’histoire a montré tous les égarements de ce que l’on peut appeler une religion. Je n’y crois pas.

Pourtant cette aspiration à regarder au-delà du quotidien est toujours présente. Une fascination pour le vol des corbeaux qui m’entraine subitement dans la légende, l’atmosphère qui m’étreint le cœur au lever du soleil, quand la brume s’étend dans les champs et que l’on croit voir des silhouettes encapuchonnées au loin. Le voile entre les mondes devient plus fin, dit-on, en octobre, alors qu’approche la fête de Samhain, Halloween, Toussaint on entend au-delà des réclames des magasins l’appel de l’humanité qui a toujours cherché un sens, une symbolique qui lui permette de s’inscrire dans l’histoire du monde, dans les variations de son environnement souvent hostile et dans un but qui le dépasse et le rassure. Tous ces pauvres petits humains si vulnérables qui se sont succédés, centaines et centaines de générations, cherchant un sens, une raison, une histoire… Et si c’était seulement ça qui comptait ? Si les impressions, les récits un peu flous, les archétypes et les personnages que l’on aime suffisaient à donner corps à une connexion au-delà de nous ? Bien sûr qu’une déesse n’est pas une déesse au sens littéral des anciens, un humain habillé en blanc à qui l’on fait des offrandes pour se rassurer, bien sûr que l’on n’attend pas Merlin au bout du chemin avec un chapeau pointu et une baguette de feu.

Cependant peut-être que nos aspirations à nous relier à ces demi contes, à ces vagues image qui subliment un passé dont nous n’aimerions certainement pas connaître la réalité peuvent nous servir de support et de lien avec ces sensations et ce besoin intérieur de nous connecter à quelque chose de plus grand, de plus profond, de plus important que nous. Et que le fait de partager les images d’une tradition ou d’une mythologie qui nous fait vibrer peut nous permettre de nous sublimer et de nous inscrire dans une réalité plus belle et plus agréable. C’est le pari que je fais en commençant cette année. En considérant les archétypes pour ce qu’ils sont et sans trahir mon besoin de congruence et de « vérité absolue », je choisis de me laisser porter en pensant que Morgane la Fée m’attend sur le chemin pour me présenter une réalité augmentée, plus consciente des sensations que j’aime et de l’esthétique qui ravit mon cœur.

J’ai envie de partager ce voyage et cette expérience parce que d’autres sont aussi attirés par ce monde des brumes, par les récits qui les ont bercés enfants et sont peut-être prêts aussi à se laisser bercer par ces images et à les laisser imprégner leur vie…

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